‘Mais rien ne dépasse la paix’: une collaboration inédite
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Hey there, time traveller!
This article was published 21/11/2015 (3778 days ago), so information in it may no longer be current.
La salle est pleine de femmes d’un certain âge. Elles discutent, se servent du café, échangent des nouvelles autour d’une bonne soupe. Quand Marie-Catherine Lemoto se met à chanter, elles se taisent. Elle chante une plainte en Sangö, sa langue natale, une langue de la République centrafricaine.
La chanson raconte l’histoire d’un homme africain qui part à la recherche d’une vie plus stable, laissant sa famille derrière lui. C’est une histoire qui résonne profondément pour plusieurs femmes autour de la table. Quand la chanson prend fin, la voisine de Marie-Catherine la remercie en langue ojibwa : “Migwetch.”
Marie-Catherine Lemoto fait partie du projet Autour de l’arbre de vie, un échange culturel et artistique entre sept grands-mères métisses de la région de Winnipeg et sept grand-mères africaines, pour la plupart des réfugiées originaires de la République démocratique du Congo, de Centrafrique et du Burundi. Il s’agit d’une initiative de l’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba avec l’appui de Patrimoine canadien et le soutien logistique de l’Accueil francophone.
Chaque semaine, les femmes se réunissent pour une session de partage qui aboutit souvent sur un projet d’art visuel. Dolorès Contré-Migwams, l’animatrice, ouvre la session en battant un tambour en cuir. Les sessions débutent avec un tour de table où les participantes partagent des chansons, des récits ou des anecdotes sur leur adaptation au Manitoba.
Pauline Hince, co-ordonnatrice des projets de l’Union nationale métisse, raconte que l’idée de ce groupe prend ses racines dans une dispute entre adolescentes. “Une jeune fille de ma famille m’avait raconté que les filles africaines et les filles blanches s’étaient chicanées avant sa graduation. Ça m’a vraiment dérangé. Les Métis francophones ont toujours fait le pont entre les Canadiens français et les Autochtones. Pourquoi ne pas faire un échange culturel entre Métis et Africaines francophones?
“L’idée, c’est d’apprendre à se connaitre entre grands-mères. Certaines de nos grands-mères africaines nous confiaient qu’elles n’avaient jamais mis les pieds dans les maisons des Franco-Mantobaines, et nos grands-mères ne connaissaient pas grand-chose de l’Afrique.”
Marie-Catherine Lemoto a fui la République centrafricaine, où des affrontements entre factions armées ont coûté des centaines de vies depuis une tentative de coup d’État en 2001. Elle est restée plusieurs années au Cameroun avec ses quatre enfants avant d’obtenir, avec ses trois enfants mineurs, le statut de réfugiés au Canada. Sa fille aînée et sa petite-fille de deux ans sont restées au Cameroun.
“Quand je suis sortie de l’avion, le froid qu’il y avait! Mais rien ne dépasse la paix. Quand tu es en paix, tu dors et tu te lèves et tu n’entends pas le bruit des armes, et ça n’a pas de prix. Chez nous, personne ne voulait sortir de chez eux. Dehors, on tuait.
“Dès le premier jour de nos rencontres entre grands-mères, je me sentais comme si j’avais toujours été là.”
Pauline Hince projette d’agrandir le cercle en 2016, en encourageant chacune des participantes d’amener une fille, une petite-fille, une nièce ou une jeune amie de la famille. “Les gens ne prennent pas assez de temps pour connaître les personnes qui ne sont pas de la même génération. La transmission culturelle est souvent la responsabilité des femmes âgées, autant chez les Métis que dans plusieurs cultures africaines. Oui, les jeunes sont branchés, mais ils risquent de perdre leurs attaches culturelles. Nos cultures risquent d’être complètement avalées, alors il faut transmettre nos connaissances.”
presse3@la-liberte.mb.ca